Bâtiment des Douanes

Lyon France 2007
Wilmotte & Associés - Bâtiment des Douanes

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Rhône Saône Développement, Cardinal Investissement SAS (promoteur)

Architecte : Wilmotte & Associés SA
Artiste : Krijn de Koning
BET structure : Pierre Martin
BET fluides : Gecc AICC
Économiste : Jean-Claude Campion

Direction des travaux : Arquitecture


Surface du projet : 4 719 m²

Description

Programme
Réhabilitation et transformation de l’ancien entrepôt des douanes en galeries d’art, locaux commerciaux, bureaux et restaurant

Présentation du projet
Construit dans les années 1930, le vieil entrepôt des douanes refait surface en bord de Saône sous l’œil bienveillant de Notre-Dame de Fourvière. Tout coché de noir, ce volume massif aux percements répétitifs est situé dans le parc d’activités et de loisirs développé par Voies Navigables de France (VNF) sur l’ancienne zone portuaire de la rive gauche, en amont de la confluence de la Saône et du Rhône.
Désormais dédié à la culture et aux médias, ce site de huit hectares délaissé par le transport fluvial au profit de Pierre-Bénite sur le Rhône, et précédemment investi par des activités de logistique et de loisirs associatifs, s’agrémente de commerces et d’une promenade au bord de l’eau pour s’ériger en pôle d’excellence de l’agglomération lyonnaise. Rénové de fond en comble, le bâtiment des douanes s’inscrit dans ce contexte innovant, sur le quai Rambaud, entre le pôle de loisirs au nord et le musée des Confluences au sud.
La reconversion engagée dans l’esprit du cahier des charges établi en 2004 par l’architecte François Grether et le paysagiste Michel Desvigne met en exergue le volume bâti et conforte les rythmes des percements existants par un traitement unitaire. Un caillebotis de métal laqué noir recouvre la quasi-totalité du bâtiment. En façade, cette mantille découpe les baies existantes de 3 mètres de côté et vient recadrer à l’horizontale les anciennes ouvertures de 6 m x 80 cm ; les nouvelles ouvertures de 6 m x 60 cm pratiquées pour éclairer les plateaux de bureaux aménagés dans les étages restent dissimulées sous la mantille. La maille calée sur le pas des percements adopte une trame de 18 x 4 centimètres. Cet ouvrage de métallerie est décollé de la façade pour laisser passer la lumière et révéler la maçonnerie d’origine tapie derrière, rénovée en conséquence.
En toiture, la mantille recouvre la verrière de l’atrium central. Selon l’angle de vue et l’incidence de la lumière, le volume ainsi caparaçonné revêt des nuances changeantes, passant du noir au gris selon les effets et les reflets occasionnés par la trame. L’animation des façades tient essentiellement aux balcons suspendus qui réinterprètent de façon mécanique les plateformes de chargement d’origine. En pignon, deux escaliers de secours accrochent leurs vrilles sculpturales. Toutes ces pièces rapportées en façade sont réalisées en acier galvanisé de manière à accentuer l’aspect modulaire et utilitaire de cet accastillage. Le dessin des pignons à redans – ou en pas de moineau – redécoupe la silhouette du bâtiment dans son environnement et contribue au caractère signalétique de cette balise des bords de Saône. Seul un coin du bâtiment initialement affecté aux bureaux est épargné par la mantille. Ce pan de mur est reproduit en réduction au bord du quai par le plasticien Krijn de Koning, conformément à l’obligation faite par l’aménageur d’une intervention artistique sur tous les bâtiments du secteur. La matière vibrante de la mantille se retourne sur l’intérieur où les prestations déclinent le vocabulaire industriel de l’acier galvanisé et de la tôle sur un mode sophistiqué. L’entrepôt originel délivre trois étages de bureaux au-dessus d’un rez-de-chaussée occupé par des commerces en phase avec l’aménagement (un restaurant et deux galeries d’art). Un étage technique est créé dans les combles pour loger les volumineux équipements aérauliques et thermiques exigés par la nouvelle occupation. Les plateaux d’environ 1 000 m2 chacun répondent aux standards de confort et d’équipement actuels et s’organisent autour de l’atrium central qui concentrent les circulations dans une ambiance piranésienne entrecroisant paliers métalliques et ascenseurs.
De nature industrielle, les prestations intérieures sont revisitées et domestiquées, avec des sols de tôle larmée ou de béton ciré, des chemins de câbles apparents, etc. La vue sur le fleuve et les collines de la rive opposée offre en contrechamp le dégagement nécessaire à l’agrément et à la respiration de ce lieu brut et raffiné.

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